Sanctuaire de Sainte-Anne d'Auray

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Homélies

Homélie des vêpres de Monseigneurr Laurent DOGNIN - Evêque de Quimper et Léon

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Pardon de Sainte Anne d’Auray – mercredi 26 juillet 2017 - Vêpres - Homélie

Pardon de Sainte Anne d’Auray – mercredi 26 juillet 2017 - Vêpres 

1 Jn 4, 7-16

 

Chers Amis,

 

A la messe de ce matin, j’ai évoqué la nécessité pour chacun de nous de témoigner que Jésus est venu pour nous sauver, et qu’il manifeste ce salut dès maintenant dans nos vies, lorsque nous mettons notre foi en Lui.

La transmission de la foi auprès de nos enfants ne peut pas se passer de cette expérience heureuse que Jésus change vraiment nos vies et nous comble de sa joie spirituelle.

 

Dans le passage que nous venons d’entendre, Saint Jean nous rappelle justement que « Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par Lui » et un peu plus loin il ajoute : « Il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés ».

Ces paroles expriment merveilleusement à quel point le Seigneur nous aime et qu’il veut donner aux hommes la vie en abondance. J’ai été frappé en particulier par cette affirmation de Saint Jean : « l’amour vient de Dieu ». Nous pouvons nous en étonner en pensant au fond de nous-même que l’amour vient aussi de nous… Mais nous comprenons bien en méditant la suite du texte qu’il y a un lien indissoluble entre notre amour pour les autres et cet amour qui vient de Dieu. Comme le dit Saint Jean : « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint sa perfection ».Il y a comme une réciprocité.C’est dans l’amour de Dieu que nous trouvons la source de notre amour et notre amour pour les autres nous permet d’accueillir l’amour de Dieu.

 

En écoutant ces paroles, je repensais à un phénomène qui se généralise en France, c’est qu’un certain nombre de jeunes chrétiens vivent en couple et même fondent une famille, sans demander le sacrement de mariage. Que des jeunes couples non chrétiens ne se marient pas, même civilement, c’est déjà une question, car la famille est le socle de la société, et se marier en public, ce n’est pas rien ! Mais dans le sacrement de mariage, Dieu bénit le couple et son amour demeure en eux. 

 

Comme le dit le Pape François : « C’est l’amour qui unit les époux, sanctifié, enrichi et éclairé par la grâce du sacrement de mariage » et il ajoute en citant Saint Jean-Paul II : « En effet, cet amour fort, répandu par l’Esprit Saint, est un reflet de l’Alliance inébranlable entre le Christ et l’humanité qui culmine dans le don total, sur la croix : « L'Esprit, que répand le Seigneur, leur donne un cœur nouveau et rend l'homme et la femme capables de s'aimer, comme le Christ nous a aimés. L'amour conjugal atteint cette plénitude à laquelle il est intérieurement ordonné, la charité conjugale » ».Le sacrement de mariage est un exemple très concret de la manière avec laquelle le Seigneur est vraiment notre Sauveur. Bien sûr, Il ne nous met pas à l’abri des difficultés quotidiennes et même des disputes qui peuvent ébranler l’amour du couple. Il ne suffit pas de faire une belle cérémonie à l’Église. Il faut aussi fonder sa vie sur le Christ et prendre tous les moyens pour cela. 

 

Je me souviens d’un couple qui fêtait ses 60 ans de mariage et qui ont dit à leurs enfants à cette occasion qu’ils avaient été plusieurs fois au bord de la rupture mais qu’ils avaient réussi à tenir bon parce qu’ils se sont accrochés l’un et l’autre par leur foi au Christ Jésus. Ils ont fait l’expérience du Salut et leur vie en a été extrêmement féconde.

 

Nous pouvons comprendre que des jeunes aient des réticences à se marier car le contexte n’est pas favorable avec les échecs nombreux qui sont un vrai drame pour notre société, mais justement, nous chrétiens avons un magnifique témoignage à donner au monde. « L’amour vient de Dieu » et si nous permettons à Dieu de demeurer en nous, alors « l’amour atteint en nous sa perfection ! » Comme le dit le Pape : « Dans la vie de famille, il faut cultiver cette force de l’amour qui permet de lutter contre le mal qui la menace ».

 

Chers Amis, cette question du non mariage des jeunes n’est pas un problème anodin. On ne peut pas se contenter de dire : « c’est comme ça maintenant », comme si ce mal était inéluctable. Encore une fois, le mariage est le socle de la société, mais aussi de l’Église. Si le socle n’est pas stable, sur quoi allons-nous construire ? Qui va transmettre la Bonne Nouvelle du Salut aux jeunes générations ? Quelle famille sera à même de susciter des vocations ? Un couple qui s’engage dans l’intimité, ce n’est pas la même chose qu’un couple qui s’engage en public et qui reçoit la grâce du sacrement de mariage. Bien sûr nous ne pouvons pas les obliger à le faire, mais au moins nous pouvons témoigner auprès d’eux que l’amour de Dieu, accueilli dans la foi, les rendrait plus solides pour affronter les épreuves de la vie. 

 

J’ajoute que dans la vie de couple et de la famille, comme dans la vie de chacun d’entre nous d’ailleurs, la prière est essentielle. On nous dit que Yvon NICOLAZIC, qui a eu ici à Auray ce lien si privilégié avec Sainte Anne, et qui a été son messager, priait beaucoup et qu’il se confessait et communiait souvent. Le Seigneur agit en nous si nous en prenons les moyens. Souvent on entend à propos de la prière et de la messe : « Je n’ai pas le temps ». Mais la prière ne fait pas perdre de temps, elle en fait gagner au contraire, car en présence du Seigneur, nos soucis quotidiens se décantent. Nous discernons mieux ce qui est important et ce qui l’est moins. Le Seigneur nous éclaire par sa Parole. Nous savons mieux ce que nous devons faire. La prière nous met dans la paix et ceux qui nous sont proches perçoivent bien alors que « Dieu demeure en nous »

 

De même, le Seigneur continue de soutenir le couple et la famille par le sacrement du pardon et par l’eucharistie.  Comme le dit l’ange du Seigneur au prophète Elie : « Lève-toi et mange, car il est long, le chemin qui te reste ». Ne nous croyons pas trop solides. Nous avons nos limites et nos faiblesses.

Nous avons besoin de la force de Dieu pour aimer vraiment.

Le Seigneur ne nous abandonne pas. « Il nous donne part à son Esprit ».

 

AMEN.

 

Laurent DOGNIN

Évêque de Quimper et Léon

 


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