Jean-Paul II - 20 septembre 1996

• Accueil du Saint-Père le matin
par Mgr GOURVÈS Evêque de Vannes

Très Saint-Père,


Nous vous attendions avec impatience. Nous souhaitions vivement votre visite. Nos vœux sont comblés. Comme évêque de Vannes, au nom de tous les évêques de la Région Apostolique de l’Ouest, avec la foule immense de pèlerins que vous avez devant les yeux, je vous souhaite la bienvenue. Je le fais avec d’autant plus d’émotion, de fierté et de gratitude que vous êtes le premier Pape à fouler la terre bretonne, le premier Pape à venir prier en ce haut lieu de foi populaire dédié à Sainte Anne, la mère de la Vierge Marie, notre «Bonne Mère», comme nous aimons à l’appeler. Avec vous, aujourd’hui, nous vivons un événement de grande portée spirituelle. Et nous avons le soleil. C’est le sourire de Sainte Anne.

Très Saint-Père, vous voici à Sainte-Anne d’Auray. Il y a 371 ans, cette bourgade n’était qu’un modeste hameau. Et voici que les apparitions de Sainte Anne à Nicolazic lui ont donné un nouveau destin, une vocation inattendue.

Dès le 25 juillet de l’an de grâce 1625, plus de 30.000 pèlerins se sont rassemblés ici. Ils étaient venus de toute la Bretagne, en famille, le chapelet à la main, bravant les fatigues de la route. Et depuis lors, année après année, le nombre de pèlerins n’a cessé de grandir. La dévotion à Sainte Anne s’est solidement ancrée dans notre petite patrie. Sainte-Anne-d’Auray est devenue pour nous le lieu porteur de la fidélité à Dieu, à l’Église et au Successeur de Pierre, le lieu porteur aussi de la prière des familles, de la prière en famille, le lieu porteur des vocations, le lieu porteur enfin de la mission et de l’esprit missionnaire. «Allons, mes amis, allons où Dieu et Madame Sainte Anne nous conduiront», disait Yves Nicolazic à ses voisins qui l’accompagnaient vers le champ du Bocenno où fut découverte la statue de Sainte Anne. Des milliers d’hommes et de femmes issus de ce pays ont, au cours des siècles, répondu à cet appel. Ils sont allés porter l’Évangile, ici même et jusqu’aux extrémités du monde.

Très Saint-Père, vous êtes à Sainte-Anne-d’Auray, vous êtes en Bretagne, terre de foi chrétienne comme votre Pologne natale, vous êtes aussi à l’extrême Ouest de la France et de l’Europe, invité par les évêques de douze diocèses. Vous connaissez nos Églises.

En Bretagne, la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ a été annoncée dès les troisième et quatrième siècles de notre ère, par des gallo-romains chrétiens, venus notamment par la vallée de la Loire ensuite par des moines et des chrétiens émigrés de Grande-Bretagne, qui ont traversé la mer, parfois au péril de leur vie.

Dans toute cette région apostolique de l’Ouest, la vie chrétienne a également pris racine de longue date. De grands saints l’ont illustrée : Saint Yves, Saint Vincent Ferrier, Sainte Thérèse de Lisieux, la bienheureuse Jeanne Jugan, Saint Louis Marie Grignion de Montfort et d’autres encore moins connus. Tout un réseau d’abbayes, de maisons religieuses, de centres spirituels, de chapelles, s’est progressivement constitué sur notre territoire. Nos lieux de pèlerinage se sont multipliés ; et ils sont de plus en plus fréquentés. Dans nos monastères, bien vivants, la prière des fils de Saint Benoît, celle des filles de Sainte Thérèse et de Sainte Claire montent sans relâche vers Dieu. Nos prêtres sont sur la brèche jusqu’à la limite de leurs forces. Un grand nombre de religieux, de religieuses, même âgés, sont présents sur le terrain, participant activement au travail pastoral, portant une attention privilégiée à tous les blessés de la vie. Des laïcs s’investissent généreusement, aux côtés des prêtres, dans l’animation des communautés chrétiennes et de groupes de jeunes, dans la catéchèse et la liturgie. Regroupés en des mouvements ou services, ils veulent être témoins de l’Évangile, en actes et en paroles, dans les réalités humaines.

Est-ce à dire que nous sommes satisfaits de nous-mêmes et sans inquiétudes ? Non, assurément… Nous avons nos fragilités. La foi des jeunes, l’éducation chrétienne des enfants ou la qualité chrétienne des familles, sont notre souci constant. Le vieillissement du clergé et la raréfaction des vocations sacerdotales et religieuses nous préoccupent beaucoup. Comparée à celle des générations précédentes, notre ardeur missionnaire s’est affaiblie. Trop de chrétiens délaissent la vie sacramentelle, notamment l’Eucharistie dominicale et le sacrement du pardon. Les enfants baptisés ne sont pas toujours catéchisés…

Il y a ce qui meurt, ce qui naît et ce qui renaît… Nous sommes des héritiers de presque deux millénaires de vie façonnée par l’Évangile. Nous voulons être des bâtisseurs. Vous nous appelez à construire une civilisation de l’amour. Très Saint-Père, votre Parole, nous en sommes sûrs, nous confortera dans une espérance renouvelée.

Tad Santel ar Pap,
Digemer vat d’eoc’h e bro Santez Anna, a berz ar Vretonned hag an oll dud a zo aman hirio, ha Trugarez vras.

Très Saint Père,
Bienvenue à vous au pays de Sainte Anne de la part des Bretons et de tous ceux qui sont ici, aujourd’hui, et un grand merci.


• Prière d’ouverture

Seigneur, toi qui es le Dieu de nos pères, tu as choisi sainte Anne

pour mettre au monde celle qui deviendrait la mère de ton Fils ;
Accorde-nous, par sa maternelle protection,

le salut que tu as promis à ton peuple.
Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu,

qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant

et pour les siècles des siècles.
Amen.


• Parole de Dieu

Lecture de la lettre aux Hébreux (11, 1-2,8-13a)

Frères, la foi est la manière de posséder déjà ce qu’on espère, et de connaître des réalités qu’on ne voit pas. Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi. Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays qui devait être donné comme héritage. Et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner comme étranger dans la Terre promise ; c’est dans un campement qu’il vivait, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse que lui, car il attendait la cité qui aurait de vraies fondations, celle dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte.
Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’avoir une descendance parce qu’elle avait pensé que Dieu serait fidèle à sa promesse. C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, ont pu naître des hommes aussi nombreux que les étoiles dans le ciel, et les grains de sable au bord de la mer, que personne ne peut compter. C’est dans la foi qu’ils sont tous morts sans avoir connu la réalisation des promesses ; mais ils l’avaient vue, et saluée de loin.

Pennad tennet ag er lihér d’en Hébréed
Breudér, er fé e zo er féson de zerhel a-vreman en traou e hortam ged espér ha d’anaùouid traou ne wélam ket. Hag abalamor d’o fé é ra er Skritur Santél testoni mad d’er ré goh.
Én arbenn d’er fé, é sentas Abraham doh galv Doué ; moned e hras d’ur vro hag e oé delé rein dehoñ èl héritaj. Ha kuitad e hras heb gouied de bé-léh éh ê.
Én arbenn d’er fé, Sara, hi eùé, daousto d’hé oed, en-doé het er gelloud de gaoud ur mab, rag m’hé-doé kredet é vehé bet fidél Doué d’er péh en-doé grateit.
Ragsé, diar un dén hebkén, ha eañ tost de verùel, éh es bet ganet tud ken nivéruz èl stéred en néañv hag er gran sabl àr ribl e mor, ha ne hell hâni nivérein.
Ér fé o-des marùet, heb boud anaùet disoh er proméseù ; med er gwélet odoé hag er saludet a bell.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (28, 16-20)

Au temps de Pâques, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : «Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés.
Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde».

Aviél on Salvér Jésuz Krist Hrevé Sant Maheu
Epad amzér Pask, en unnég discipl e yas de vro Galiléa, betag er mãné léh m’en-doé Jésuz gourhemennet dehé moned.
A p’o-des gwélet Jésuz, é stouiant diragzoñ. Med lod anehé neoah e chom én arvar. Jésuz e dosta dehé hag e lâr er homzeù-man : «Reit e zo bet dein peb gelloud én néañv hag àr en douar. Kerhet enta ! Predéget en Aviél d’en oll pobleu ; badéet ind é hanù en Tad, hag er Mab, hag er Spered Santél ; disket dehé miret kement tra em-es gourhemennet deoh.
Ha mé, chetu ma vein bamdé genoh betag en achimant ag er bed».

 

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