Sanctuaire de Sainte-Anne d'Auray

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Le Grand Pardon

Grand Pardon de Sainte Anne d'Auray 2017

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Homélie de Monseigneur Laurent DOGNIN - Evêque de Quimper et du Léon

Pardon de Sainte Anne d’Auray – mercredi 26 juillet 2017 - Messe

Si 44, 1.9a.10-15 ; Ps 131 ; He 11, 1-2.8-13a ; Mt 13, 11a.16-17

 

Chers Amis,

 

Nous n’avons aucun doute sur le fait que les parents de la Vierge Marie, Sainte Anne et Saint Joachim, ont eu un rôle important dans l’histoire du Salut puisque, par l’éducation qu’ils ont donnée à leur fille, ils l’ont préparée à répondre à sa vocation de devenir la Mère du Sauveur. Ils ont bien accompli la mission d’éducateurs que le Seigneur leur avait confiée.

 

A partir des textes de la Liturgie que nous venons d’entendre, j’aimerais méditer avec vous sur l’importance de l’éducation que nous pouvons donner aux enfants d’aujourd’hui comme contribution essentielle au dessein de Salut que Jésus est venu apporter au monde et qu’il continue de réaliser par son Esprit. 

 

Quand nous parlons de la transmission de la foi, de quoi parlons-nous ? Dans la première lecture du livre de Ben Sirac le Sage, l’auteur évoque « les gens dont le souvenir s’est perdu », c’est à dire qu’ils n’ont rien transmis de marquant à leur descendance. Leur vie apparaît comme stérile. 

En revanche, il évoque ce qui est mémorable dans la vie de ceux dont le souvenir ne s’est pas perdu et qui a porté du fruit auprès de leurs enfants. Et il cite trois choses : la miséricorde et les œuvres de justice, la persévérance dans les lois de l’Alliance et la sagesse. 

 

Dans la miséricorde et les œuvres de justice, nous pouvons comprendre l’engagement auprès des plus pauvres, les œuvres sociales. Autrement dit, une charité active. 

 

La persévérance dans les lois de l’Alliance, c’est la fidélité à lire la Parole de Dieu, à la méditer, à la mettre au plus profond de son cœur, à la faire connaître, à l’enseigner, mais aussi à la mettre en œuvre dans sa vie. Ce qui est magnifiquement représenté par la statue de Sainte Anne montrant et expliquant les Saintes Écritures à sa fille. 

 

Enfin la sagesse. « Les peuples raconteront leur sagesse… ». Mais de quelle sagesse s’agit-il ? Comme le dit Saint Paul : « …c’est bien de sagesse que nous parlons devant ceux qui sont adultes dans la foi, mais ce n’est pas la sagesse de ce monde, la sagesse de ceux qui dirigent ce monde et qui vont à leur destruction. Au contraire, ce dont nous parlons, c’est de la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cachée, établie par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire ». La Sagesse du croyant, c’est de se laisser conduire par l’Esprit de Dieu dont Saint Paul dit que les fruits sont : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi ».

Nous voyons bien que ce qui sera vraiment transmis aux générations futures, ce que nous pouvons leur laisser, ce n’est pas seulement un savoir, une morale, des valeurs, même si tout cela fait aussi partie de l’éducation, mais un témoignage authentique de vie et de foi. 

 

La transmission de la foi est sans doute plus difficile aujourd’hui qu’il y a quelques décennies car le contexte a beaucoup changé. La Vérité avec un grand V, celle dont Jésus dit qu’il est, Lui, « le Chemin, la Vérité et la Vie », n’est plus acceptée d’emblée par les jeunes générations. Tout est remis en cause et chacun se forge sa vérité à partir de ce qu’il entend dans les média, ce qu’il trouve sur Internet, ce qui circule dans les réseaux sociaux. Pour beaucoup de gens il n’y a plus de vérité objective reconnue.

Il y a, de fait, un décalage de plus en plus important entre les opinions multiples qui sont ainsi véhiculées et la parole du Magistère qui se fonde sur l’Évangile, notamment à propos des questions morales, éthiques. Ce n’est pas nouveau puisque Saint Paul avait déjà mis en garde les fidèles : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait ».

 

Beaucoup de parents sont bien à la peine pour transmettre leur foi à leurs enfants. Ils ont le sentiment de toujours aller à contre-courant ! J’entends des parents qui perdent courage en voyant que, malgré l’éducation chrétienne qu’ils ont donnée à leurs enfants, ces derniers ont abandonné la foi et ont choisi des modes de vie assez éloignés de l’Évangile. Nous ne devons pas nous décourager pour autant car l’Esprit de Dieu travaille dans le cœur de tous les hommes. Ce que le Seigneur attend de nous en revanche, et l’auteur du livre de Ben Sirac nous l’a rappelé, c’est un témoignage de vie et de foi qui traversera les siècles car c’est l’œuvre de Dieu qui s’accomplit en nous et par nous. C’est notre contribution à son dessein de salut. Soyons des croyants authentiques et faisons confiance au Seigneur. Cette difficulté à transmettre la foi aujourd’hui, n’est-elle pas aussi une grâce pour nous, car elle nous oblige à approfondir notre propre foi, à nous laisser vraiment conduire par l’Esprit. C’est la persécution qui a poussé les chrétiens au cours des siècles à être des témoins crédibles.

 

Comme Jésus nous le dit dans l’Évangile de ce jour : « A vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux. Heureux vos yeux car ils voient, et vos oreilles car elles entendent ! ». Et ce mystère du Royaume, c’est que Jésus est venu pour nous sauver, c’est à dire nous libérer du mal et nous faire entrer dans la vie de Dieu pour toujours. Comme le rappelait le Pape dans La Joie de l’Évangile : « Sur la bouche du catéchiste revient toujours la première annonce : “Jésus Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer” ».

 

Il me semble que, ces dernières années, nous n’avons pas suffisamment insisté dans notre prédication, notre catéchèse ou dans la transmission de la foi en famille, sur le fait que Jésus nous sauve, nous guérit. 

Montrer que le message Évangélique n’est pas seulement un beau témoignage que Jésus nous donne par son attitude vis-à-vis des pauvres, des malades, des exclus, ou même que ses paroles sont édifiantes pour notre cœur et notre intelligence. 

Comme on l’entend souvent : « Le message de l’Évangile, c’est de s’aimer les uns les autres ». Mais c’est beaucoup plus que cela ! Jésus a donné sa vie pour nous. Par sa mort et sa Résurrection, il nous ouvre le chemin de la Vie. Il agit aussi en nous si nous le voulons bien et cela change beaucoup de choses dans notre existence. Comme le rappelle le Pape François : « On ne peut persévérer dans une évangélisation fervente, si on n’est pas convaincu, en vertu de sa propre expérience, qu’avoir connu Jésus n’est pas la même chose que de ne pas le connaître... ».

 

Chaque année, nous lisons dans les lettres des catéchumènes adultes, des magnifiques témoignages de foi. Certains venant de milieux totalement athées, et n’ayant donc reçu aucune transmission de la foi de la part de leurs parents, mais qui ont rencontré Jésus de façon souvent étonnante parce qu’ils ont rencontré des témoins de la foi, et ils ont fait l’expérience que Jésus avait vraiment changé quelque chose dans leur vie. Ils se sont sentis libérés du mal et remplis de joie spirituelle. Leur vie de couple, leur vie de famille et même leurs relations professionnelles en ont été illuminées. Nous aussi, nous faisons cette expérience salutaire quand nous nous tournons avec foi vers Jésus. 

 

La transmission de la foi passe par le témoignage du salut que Dieu accomplit en nous, dans notre vie de prière, notre méditation de la Parole de Dieu et par les sacrements qui accomplissent en nous ce qu’ils signifient. Par nos paroles et nos actes, faisons expérimenter à nos enfants que Jésus est vraiment le Sauveur des hommes et que cela change tout dans notre vie de mettre sa foi en Lui.

 

Comme le dit Jésus : « beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu ».

 

Sainte Anne, venez en aide à tous les parents, les éducateurs, les jeunes.

Priez pour nous.

Priez pour toutes les familles de notre Bretagne et d’ailleurs.

 

AMEN

 

Laurent DOGNIN

Évêque de Quimper et Léon


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Les fêtes de sainte Anne

Messe du 26 juillet
Messe du 26 juillet

Qu’est ce qu’un Pardon ?


Un « pardon » est une forme typiquement bretonne de pèlerinage et une des manifestations les plus traditionnelles de la foi populaire en Bretagne. D'origine très ancienne, puisque probablement lié à l'évangélisation du pays par les moines celtes, dès le Ve siècle, il s'apparente aux « parades » de la Saint Patrick en Irlande ou à New York.


Un pardon s'inscrit dans une démarche pénitentielle : les chrétiens se rendent en pèlerinage soit sur la tombe du saint, soit en un lieu qui lui est dédié ou en raison d'une apparition, comme ici à Sainte-Anne-d’Auray.

 

Le déplacement jusqu'au lieu de rendez-vous, comme la procession, traduisent le désir de se mettre en marche pour obtenir du saint fêté qu'il intercède pour ses pèlerins, en offrant les fatigues du chemin parfois parcouru à pied, tel une pérégrination vers le Royaume du Ciel, en reconnaissant son état de pécheur pour obtenir le « pardon ».


Le Pardon de Sainte-Anne d’Auray est appelé « Grand Pardon », sans doute en raison  de son importance – autour de 20 000 pèlerins chaque année – mais aussi, parce qu’il fête sainte Anne, patronne de la Bretagne.


Les fêtes de sainte Anne


Dans la nuit du 7 au 8 mars 1625, sainte Anne apparaît une nouvelle fois à Yvon Nicolazic. Elle tient un flambeau à la main, mais elle porte aussi une autre lumière : celle de l’espérance. A l’humble laboureur qui la supplie : « Faites donc quelque miracle, ma bonne maîtresse… », sainte Anne répond :


« L’affluence du monde

qui me viendra honorer en ce lieu

sera le plus grand miracle de tous ».


Et depuis le 26 juillet 1625, date à laquelle la paroisse de Riantec (Morbihan) ouvre la longue liste des pèlerinages, ce sont des millions de pèlerins et visiteurs qui sont venus dans ce haut lieu spirituel ; on compte en moyenne 600 à 700 000 pèlerins par an.

150.000 personnes étaient présentes lors du pèlerinage de Jean-Paul II en 1996. Le message confié à Nicolazic s'adresse à tous, bretons ou non. C'est pourquoi Jean-Paul II a considéré Sainte-Anne d'Auray comme un haut lieu spirituel.


La foule, priant et recueillie lors des 2 jours de fête dédiés à sainte Anne, illustre aussi la prédiction de sainte Anne. Le 25 juillet, l’appel du bourdon pour les premières vêpres de sainte Anne marque l’ouverture des fêtes. Et c’est au cours de la veillée, lors la procession aux flambeaux, que sont évoquées les premières « marches à la lumière », où Yvon Nicolazic et les hommes du village de Keranna suivaient le flambeau de sainte Anne. Le 26 juillet voit au grand jour le triomphe de sainte Anne.


Et puisqu’il s’agit d’un Pardon, les pèlerins sollicitent leur réconciliation dans le sacrement de pénitence et ensuite, après la procession avec en tête la statue de « Madame sainte Anne », pour la messe solennelle est célébrée au Mémorial. La fête s’achèvera après la prière mariale et les vêpres pontificales.


La réconciliation s’est faite et comme il n’y a pas de pardon sans festivités, les pèlerins se retrouvent sur le parvis de la basilique pour entendre les sons joyeux de la bombarde.

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