Sanctuaire de Sainte-Anne d'Auray

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Agenda de l'année

11ème lettre du recteur

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A tous les paroissiens de Brec’h, Mériadec, Plumergat et Ste Anne. Aux membres de l’Académie et à tous les fidèles attachés au sanctuaire de Ste Anne.

Du vendredi 22 mai au mardi 2 juin 2020

« Saint Patern »

Bonjour à tous,

Certes nous sommes entrés dans la période de déconfinement, mais cela ne signifie pas pour autant que nous devions relâcher notre attention. Se dessine désormais la période où nous pourrons célébrer l’Eucharistie ensemble, même si de grandes restrictions nous serons imposées. Permettez que je continue de vous écrire ces « lettres du recteur » qui sont pour moi une façon de garder le contact et désormais d’entrer dans une nouvelle période. Puisque j’ai pris l’habitude de mettre ces « lettres du recteur » sous le regard bienveillant d’un témoin de la foi, cette 11ème lettre soit sous le regard du premier évêque de Vannes, le gallo-romain St Patern dont on fait mémoire dans la liturgie ce 21 mai.

 St Patern. C’est dans le contexte d’une Armorique qui se romanise que, peu à peu, le christianisme pénètre jusqu'aux rivages les plus reculés, où, rencontrant un esprit religieux très ancien et très profond, il s'implante avec plus de force que partout ailleurs. Au fil des années, le pays échappe à la domination déclinante des Romains. C’est à cette époque qu’a lieu le martyre des frères Donatien et Rogatien, « premiers martyrs d'Armorique ». Le Martyrologe hiéronymien, compilé à Autun vers 592, annonce au 24 mai : « En Gaule, dans la cité de Nantes, Rogatien et Donatien, frères et martyrs ». A la même époque, Grégoire de Tours atteste qu'une basilique avait été élevée sur leurs tombes. Auparavant déjà la Passion des deux frères avait été écrite. Les martyrs nantais, « les seuls qui, dans toute la Gaule occidentale, puissent être rapportés avec quelque confiance aux persécutions romaines » (Mgr Duchesne), furent mis à mort entre 250 et 304. Ils ouvrent l'histoire du christianisme en Armorique. Vers 467 se tint dans l'« église de Vannes » un concile de six évêques de la province de Tours, sous la présidence du métropolite Perpetuus. L'occasion en était l'ordination épiscopale de Patern (« Puisque nous nous sommes rassemblés dans l’église des Vénètes pour en ordonner l’évêque ») : première mention du christianisme dans la cité des Vénètes. Les canons de ce concile ont été conservés dans une lettre des évêques présents à deux évêques absents, où St Patern signe en second, après Perpetuus : "Paternus episcopus subscripsi". Ce gallo-romain eut à accueillir le flot grandissant de l'émigration bretonne (« bretons des Iles britanniques »), plus ou moins bien acceptée par la population autochtone « gallo-romaine ». C'étaient deux manières très différentes de vivre le christianisme qui devaient cohabiter. De cet effort témoigne peut-être une ancienne fête de St Patern le 1er novembre, qui célébrait l'unité établie avec les évêques bretons. La légende, elle, fait état de dissensions dont St Patern fut victime et le fait mourir hors de Vannes, "en pays franc". La tradition liturgique la plus ancienne rappelle au jour du 21 mai l'ordination de St Patern, la translation de ses reliques et la dédicace de sa première église à Vannes (église St Patern), qui fut pendant des siècles l'une des étapes du Tro-Breiz. En 1964, le pape Paul VI a déclaré St Patern patron du diocèse (Lettre apostolique "Armoricae regionis"). St Patern est le seul « Gallo » de nos Sept Saints Evêques fondateurs, Pères de la Bretagne. Cela montre combien son rôle fut important. Le pèlerinage du Tro Breiz fut jusqu'aux troubles de la Ligue aussi célèbre pour les Bretons que celui de St Jacques de Compostelle (qui remplaçait le pèlerinage de la trop lointaine Jérusalem). Quatre fois par an, aux quatre "temporaux", ce tour de Bretagne, le Tro Breiz, faisait accourir les foules à Dol, Saint-Malo, Tréguier, Saint-Pol de Léon, Quimper et Vannes, aux tombeaux des évêques fondateurs. Au 14e siècle, on dénombra une année le passage de 30 000 pèlerins à Saint-Patern de Vannes. "Ce voïage, écrivait dom Lobineau en 1707, estait une dévotion si en usage autrefois, qu'il y avait un chemin pavé tout au travers de la Bretagne fait exprez, que l'on appelait pour ce sujet le Chemin des Sept Saints (...) Les Sept Saints sont Samson, Malo, Brieuc, Tugdual, Paul Aurélien, Corentin et Patern". Les fondateurs des sept anciens évêchés (sans compter Nantes et Rennes) sont symboliquement les Pères de la Bretagne. Le plus célèbre d’entre eux est le gallois St Samson, disciple de saint Iltud, évêque missionnaire, puis ‘archevêque’ de Dol son monastère-évêché à la manière celtique (6e siècle). Ainsi, d’un côté, l’héritage celte des druides, de l’autre, la pénétration de la culture romaine. Lorsque des clans entiers passent la Manche pour s’installer en Armorique, ils trouvent une population celtique (en quelque sorte des cousins) partiellement romanisée (plus à l’Est qu’à l’Ouest). Quand on parle, on se comprend. Les uns et les autres, chrétiens catholiques, ont le double héritage celte et chrétien (romain). Cela explique le succès et le rôle du monachisme celte en petite Bretagne. Il y a des affinités, mais cela n’ira pas sans difficultés. St Patern reste pour autant le premier évêque de Vannes et un artisan de la communion ecclésiale. D’où la vénération de son tombeau dans le cadre du pèlerinage du Tro-Breiz. Alors, rappelons-nous que Mgr de Rosmadec au temps des apparitions de Ste Anne eut maille à partir avec le chapitre cathédrale qui voyait d’un mauvais œil le pèlerinage naissant de Ste Anne qui risquait de faire concurrence au pèlerinage sur le tombeau de St Patern et surtout au pèlerinage sur le tombeau de St Vincent à la cathédrale. De fait, ce fut le cas, et Ste Anne a éclipsé et St Patern, et St Vincent. Cela dit, désormais, Ste Anne est devenue comme une étape officielle sur le chemin du Tro Breizh.

Comme quoi !

De St Patern, il est bon de retenir deux orientations. La première est bien que  célébrer St Patern et les sept saints « Pères de la Bretagne », c’est revenir aux sources du christianisme, ici, chez nous. Si nous voulons allez de l’avant, il faut savoir d’où nous venons. C’était du reste la raison pour laquelle je vous ai présenté quelques figures de sainteté de chez nous. Elles ont forgé le christianisme dans notre région à travers les âges. La seconde orientation est celle de l’unité. Alors que le christianisme naissant était encore très fragile St Patern a eu le souci de faire l’unité entre deux christianismes différents et pourtant tous les deux se revendiquant catholiques. La façon de prier, la tenue des prêtres, la place des femmes, l’influence du monachisme celte, et même la date de Pâques (et j’en passe) tout cela était bien différent dans le christianisme celte et le christianisme gallo-romain… Pourtant avec patience et foi, St Patern a vécu son ministère épiscopal de communion. Cela n’a pas été facile puisqu’il est mort en exil. Le confinement et le déconfinement actuels ont montré parfois de façon exacerbée que nous n’avons pas la même façon d’aborder et de vivre notre foi chrétienne. Les règles sanitaires qui nous sont imposées nous questionnent, et nous obligent à changer certaines de nos habitudes. Il y aura forcément un avant et un après. Saurons-nous vivre tout cela dans le respect les uns des autres et dans la charité ? Que St Patern nous aide. C’est dans cet esprit que nous devons vivre cette période de transition et de déconfinement progressif.

Je le dis simplement, sans arrières pensées. Je crains la période qui vient. Nous avons déjà subi sur le sanctuaire des attitudes très agressives de personnes qui se refusent à respecter les gestes barrières… Nous savons bien pourtant que les sanctuaires sont des lieux fragiles où des comportements à risque peuvent impacter les plus fragiles. C’est la raison pour laquelle le sanctuaire de Lourdes a pris des mesures draconiennes. Imaginez deux secondes qu’un foyer viral se déclare à nouveau à Ste Anne… Nous avons été fermés presque trois mois. Serions-nous obligés de fermer à nouveau pour une période incertaine ? Voilà ma crainte, et c’est pourquoi il faut être respectueux des règles sanitaires demandées par les autorités civiles et religieuses.

 

Les règles sanitaires à respecter pour le sanctuaire et les quatre paroisses :

  • L’accès aux différents lieux du sanctuaire (basilique, cloître, chapelle de l’Immaculée…) est réglementé et évoluera suivant les consignes que nous donnerons les autorités compétentes. Un sens de circulation est demandé.
  • Le port du masque est obligatoire dans la basilique, le cloître, la chapelle de l’Immaculée et aussi pour l’assistance qui participera à des offices en prenant place sur les chaises qui seront placées à l’extérieur sur le parvis sonorisé. .
  • La distanciation sanitaire d’au moins un mètre est à respecter partout sur le sanctuaire.
  • L’accès du parc est libre ; cependant il faut éviter tout rassemblement de plus de dix personnes. 
  • Il ne faut pas se serrer la main ou se faire la bise.
  • Pendant les offices, il faut veiller à n’utiliser que les places autorisées.
  • Pour recevoir le sacrement de réconciliation, un endroit spécifique a été aménagé.
  • Pour les personnes qui souhaitent participer à l’adoration eucharistique (pendant les heures d’ouverture de la basilique) la chapelle Ste Elisabeth a été spécialement aménagée. Deux fauteuils sont réservés pour l’équipe des adorateurs. D’autres places marquées d’un point vert sont disponibles pour tous ceux qui le souhaitent.
  • Pour la communion, il faut veiller à ce qu’il y ait une certaine distance entre chaque fidèle dans la procession sur une seule file. Les ministres de la communion doivent utiliser du gel hydro-alcoolique juste avant de remplir leur service. La communion est donnée uniquement dans la main et le dialogue se fait en silence (Le Corps du Christ R/ Amen). Les personnes qui ne communient pas restent à leur place et une bénédiction générale leur sera donnée à la fin de la communion. 

Le respect de toutes ces consignes nous permettra de sortir au plus vite de cette période si difficile. Ce respect est un signe de charité. Nous comptons sur la vigilance de chacun.

 

Jusqu’à nouvel ordre et afin de pourvoir au nettoyage en matinée, la basilique est ouverte chaque jour de 15h00 à 18h00 seulement.

 

Des accueillants veillent à ce qu’il n’y ait pas plus d’une dizaine de personnes présentes en même temps dans la basilique. A certains moments, nous accueillons un peu de monde. Merci de bien vouloir ne pas dépasser 15 minutes de présence dans la basilique afin d’éviter une attente trop longue. Le port du masque est obligatoire. L’entrée se fait par la porte près de l’autel de Pierre de Keriolet et la sortie par le cloître. Un accueil est installé dans la basilique, et, à la sortie, vous pouvez trouver le bureau des intentions de messe. Dans un lieu aménagé en respectant les distances sanitaires un prêtre se tient à la disposition de ceux qui souhaitent vivre le sacrement de réconciliation.

 

Dès que nous le pourrons, nous rétablirons les messes dans les quatre paroisses. Nous nous efforcerons de maintenir le plus fidèlement possible les horaires connus à la basilique et dans les paroisses. Il y aura peut-être quelques adaptations à faire selon les consignes qui nous seront données (nettoyage et désinfection entre deux célébrations à la basilique ?). Les horaires d’ouverture de la basilique seront aussi élargis.

A noter que nous attendrons encore que tout cela soit bien mis en place (reprise des messes, de l’adoration sur 24h et ouverture plus longue de la basilique) avant de rétablir les laudes et les vêpres, ainsi que le chapelet. Tous les fidèles peuvent se joindre à l’adoration dans la journée à la chapelle Ste Elisabeth dans le respect des règles sanitaires. Cette période est transitoire et nous affinerons au fil du temps ces dispositions en lien avec les autorités civiles et épiscopales.

 

Le soir, je continue à allumer les veilleuses qui ont été offertes.

Voir:https://santacausa.com/collections/sainte-anne-dauray Désormais vous pourrez, bien sûr, venir les allumer directement dans les heures d’ouverture de la basilique.

 

Il est toujours possible d’offrir des fleurs pour la basilique :

le printemps éclate de partout. N’hésitez pas à nous apporter des fleurs de votre jardin ou en pots (à déposer aux portes de la sacristie). L’équipe de fleuristes bénévoles se fait un plaisir de fleurir la basilique en votre nom. Avec les veilleuses, elles accompagneront  notre prière auprès de la Vierge Marie, de Ste Anne et de Jésus lui-même.

Que St Patern, la Vierge Marie et Madame sainte Anne, notre bonne grand-mère, nous accompagnent en ces heures difficiles et nous aident à vivre au mieux ce temps de déconfinement. Restons unis les uns aux autres. Pensons en particulier à ceux qui vivent difficilement cette crise sanitaire et pensons à tous ceux qui sont à leur service. Au nom des chapelains, des sœurs et de toute l’équipe de la basilique et des paroisses, je vous dis toute notre amitié.

En marche vers la Pentecôte, gardons la joie de Pâques, en communion de prière, fraternellement,

                                                           P. Gwenaël Maurey, recteur

 

Type d'événement: Autre, Concert, Pèlerinage

Lieu : Sainte Anne d'Auray
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